MONT BLANC II

Etalon pur sang anglais




 

Un matin de juin 1963, Adolphe Besnard eu la surprise de voir naître dans le box de sa ferme un pur-sang tout blanc. 

Le temps a passé et pourtant, personne là-bas, n'a oublié le « phénomène » qui défraya la chronique à la fin du printemps 1963. Cette année-là, par un petit matin de juin, Adolphe Besnard aide Tharsine à mettre bas. La jolie jument bai brun lui avait été donnée par un paysan de Montbizot, le Père Fléchais, pour le remercier d'un service rendu. Elle faisait partie d'un petit troupeau, provenant des écuries Rotschild, que les Allemands avaient abandonnés dans la Sarthe pendant l'Occupation.

« Quand il a fallu déclarer la naissance au bureau des pur-sang papa a écrit « blanc » dans la case « couleur de la robe », sourit Agnès Besnard, l'une des filles de l'éleveur. Le document lui a été renvoyé avec la mention « blanc » barrée. Car, comme on lui a dit, un pur-sang tout blanc, ça n'existe pas. »

Une délégation d'experts déboule à la ferme dans la foulée, bien décidée à prouver au paysan sarthois qu'il a la berlue. Mais devant le phénomène immaculé, l'aréopage est resté bouche bée. À partir de ce moment, la foule ne cessera de défiler à La Barre. « Certains dimanches, il y avait jusqu'à 200 personnes, on voyait défiler de beaux messieurs et des dames très élégantes qui venaient de la ville... »

La presse de la planète dépêche aussi ses reporters. Le Times, l'Herald tribune... Tout le monde veut voir Mont-Blanc II !

Mais la famille Besnard allait bientôt pouvoir retrouver son intimité. La mort dans l'âme, Adolphe vend son cheval à Deauville le 22 août 1964 pour 27 000 francs. C'est un riche industriel anglais qui l'achète et l'engage très vite dans les courses les plus prestigieuses : Les 2000 guinées, Derby d'Epsom, Lingfield... Mont Blanc II connaît un début de carrière fulgurant.

Pas de doute, le cheval de La Barre est un « crack ». Mais, beaucoup trop jeune pour enchaîner tous ces galops de prestige, le « phénomène » ne tarde pas à s'effondrer. Épuisé et mal géré, il se « claque ». Sa carrière sportive pleine de promesses lui file alors entre les pattes.

C'est un autre rôle qu'on lui confie alors. Celui d'étalon. Acheté par le vicomte de la Grandière, Mont Blanc II revient donc en France et travaille à sa descendance. Il faut dire qu'il est bien né. C'est un fils de Murghab, descendant direct du crack The Tetrarch (voir photo à la suite de l'article), lui-même fiston de Roi Hérode. Toute cette petite famille appartient à la prestigieuse lignée de Darley Arabian (1700-1730) étalon arabe ramené d'Alep en Europe en 1704, l'un des trois fondateurs de la race des pur-sang.

C'est au Haras de la Chaise que Mont Blanc II s'éteint, à dix-huit ans, en 1981. Aujourd'hui encore des chevaux (blancs ou pas) de son sang courent sur les pistes du monde, perpétuant ainsi le souvenir du cheval blanc de la Ferme de la Barre.
 

The Tetrarch, lui aussi porteur du dominant white ? 



Aujourd'hui on ne sait pas encore de quelle mutation du dominant white cet étalon était porteur. Il l'a transmit a certains de ses poulains, qui à leur tour l'on transmit à certains de leurs poulains, et ainsi de suite.

Il l'a en tout cas transmit à une de ses filles, BLANCHE FLEUR (arrière grand mère de Vendeur de Rêve), dont je n'ai pu retrouver de photo, mais dont le nom laisse penser qu'elle était elle aussi totalement blanche.

Cette jument l'a ensuite transmit à PASQUIN FLEURI (grand père de Vendeur de Rêve), chez qui le gène a le phénotype "sabino".

Ce dernier l'a à son tour transmit à VICONTE DES NEIGES (père de Vendeur de Rêve), chez qui il passe presque inaperçu puisque Viconte porte également le gène tobiano.

Et enfin, Viconte l'a transmit à son fils Vendeur de Rêve, cette fois sous la forme "near white".